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L’enfant-roi et sa famille, l’enfant-tyran et sa famille, leurs environnements.

L’enfant-roi et sa famille, L’enfant-Tyran et sa famille, Leurs environnements.

Introduction

Nous sommes de plus en plus confrontés dans nos pratiques professionnelles à la problématique de l’enfant roi mais aussi de l’enfant-tyran.

Ces problématiques se sont multipliées ces dernières années, renvoyant au même moment à une interrogation sur les changements sociétaux.

Les repères classiques sont devenus obsolètes et nous sommes contraints, quel que soit le modèle de la famille nucléaire, à revoir nos bases théoriques : Les rôles des pères et mères, les frontières générationnelles, etc. Mais nous devons également interroger les nouvelles constellations familiales tels les couples homosexuels avec enfants, les familles monoparentales…

Chaque contexte socioculturel produit sa propre psychopathologie, laquelle s’inscrit dans un moment historique particulier. Actuellement, nous rencontrons l’émergence du diagnostic « d’état limite » révélateur d’une société qui cherche ses limites, ses « re-pères et ses pères ». Notre société, nos familles, nos institutions se caractérisent par « trop de mère ». Les pères ont perdu leur certitude et sont à la recherche de nouvelles identités.

L’enfant-roi n’est jamais le fait exclusif d’une situation ou d’un contexte en particulier. Il est le résultat d’un processus où plusieurs éléments interagissent.

La notion de l’enfant-roi ne désigne pas seulement une figure d’enfant mais une forme de relation entre enfants et adultes.

C’est le rapport entre enfants et adultes qui est modifié dans nos sociétés contemporaines. Notre société est marquée par un effacement de la différence entre les sexes et entre générations. Drôle de paradoxe : dans une société qui clame le respect de la différence, se fait jour une tendance à vouloir éradiquer toute différence.

Ceci nous amène à parler du concept de l’altérité. L’altérité est une conquête difficile et progressive. Le développement humain passe du semblable au différent. La différence vient de séparations et de renoncements. C’est ce processus qui conduit vers l’autonomie. Dans la problématique de l’enfant-roi, ce processus est à la fois accéléré et simultanément freiné.

Nous sommes plutôt confrontés à des dépendances réciproques puissantes entre parents et enfants. Alors que dans le discours dominant, l’indépendance est mise en avant.

L’observation de ces dépendances pose la question des mythes familiaux qui les sous-tendent. Lesquels s’inscrivent dans des mythes sociaux.

Vignette clinique

 

Monsieur Y et madame C sont ensemble depuis 20 ans. Ils ne sont pas mariés.

Ils décident d’avoir une enfant après avoir « fait leur jeunesse et bien profité de la vie ».

En décembre 2003, ils sont victimes d’une fausse couche. Madame est alors enceinte d’une petite fille de 6 mois, Nella. Monsieur est très triste. Il désirait fortement une fille.

Ils décident de refaire un enfant très rapidement.

En février 2004, monsieur a un accident de travail. Il devra rester plus d’un an alité à la maison et en hospitalisation.

En juin 2004, 6 mois après la perte de leur petite fille, madame est enceinte de Mylan.

La demande de Thérapie :

Madame C : « Mon enfant ne serait il pas surdoué parce qu’il est turbulent et agressif en classe ? »

Mylan présente des comportements agressifs et violents envers les autres élèves et envers l’institutrice. L’institutrice en parle aux parents de Mylan.

Le discours des parents est le suivant : « Il est très nerveux depuis qu’il est tout petit mais nous on est comme ca aussi…  Il est parfois agressif… Il se fait remarquer, parle à tout le monde, ne passe pas inaperçu…  C’est une Star quand il va au Motocross avec son papa…  Il est fort avancé pour son âge…  On dirait un enfant de 5 ans… Il a une grande maturité…. Il recopie son père… Son père est quelqu’un qui se fait respecter par tout le monde… »

On observe une relation forte entre Mylan et sa maman. Elle l’a allaité jusqu’à l’âge de 2ans1/2. D’ailleurs elle se culpabilise en ce qui concerne la venue et la présence d’Etan. « Mylan a toujours été le premier… Il m’avait pour lui tout seul». Elle explique que Mylan a toujours besoin d’elle, que monsieur ne s’est pas occupé de lui au début parce qu’il était alité, qu’elle a ses propres rituels avec Mylan.

La maman de Mylan est quelqu’un d’hyper nerveux. Elle fait tout à toute vitesse. C’est une mère qui travaille beaucoup, s’occupe du ménage et des enfants.

Le papa, de part son incapacité physique, se culpabilise de n’avoir pas « pu faire », et se plaint, qu’actuellement, « on ne lui laisse pas faire ».

Lors des séances, le thérapeute observe des comportements agressifs vis-à-vis de lui. Mylan lui lance des objets au visage et lui dit des choses blessantes. Il détruit le matériel. Tout cela, sans que les parents n’interviennent : « Il est comme çà, il est brusque ! ». Ils ne perçoivent pas les comportements de leur fils comme étant un problème. Ces comportements parasitent constamment les séances mais aussi les relations entre Etan et son père ou entre Etan et sa mère.  De leur côté, ses parents montrent une difficulté de communication : Ils se coupent la parole constamment, ne s’écoutent pas, passent du coq à l’âne, etc.

Quelques réflexions : Mylan, enfant-roi ou enfant-tyran ?

  • Quels symptômes observons-nous ?
  • Quelle est la distinction entre enfant-roi et enfant-tyran ?
  • Quelles hypothèses pouvons-nous faire sur le fonctionnement de la famille de Mylan ?
  • Qu’en est-il des questions d’autonomie et de dépendance ?
  • Quels sont, dans la société, les mythes qui influencent la problématique de l’enfant-roi et de l’enfant-tyran ?

 L’enfant-roi et ses symptômes

 Il « pousse à bout », cherche la limite, teste les limites, teste l’adulte…

  • Intolérance à la frustration
  • Sentiment permanent d’insatisfaction
  • Agitation motrice
  • Instabilité
  • Absence totale de « retenue »
  • Troubles du comportement (Colère, agressivité, mensonges, vols, fugues…)
  • Dépression masquée
  • Sentiment de toute-puissance
  • Attitude irrespectueuse vis-à-vis des parents et des adultes en général, tant dans les mots que dans les gestes.

Dans la vie de cet enfant, pas de temps pour l’ennui, le rêve et les créations… Il reste enfermé dans des « forces pulsionnelles » et est véritablement en panne de désir lié au « manque de manque ».

 L’enfant-tyran et ses symptômes

 Comportement tyrannique à la maison (souvent étiqueté comme très précoce par la famille), avec refus d’obéissance et colères, accompagnés ou non de menaces, d’intimidations, de dégâts matériels, d’agressions physiques (morsures, coups…)

  • Echec scolaire fréquent mais non systématique, refus d’investissement (grève de l’école), potentialités intellectuelles généralement non mises en cause : « Il peut quand il veut… »
  • Extension des problèmes domestiques à l’extérieur de la maison avec vols, violence à l’école, dégradations matérielles sue la voie publiques, etc.
  • Menaces auto-agressives (Menaces de suicide, fugue, etc.).

Les symptômes de l’enfant-Tyran témoignent de plus d’intensité, de souffrances, de désespoirs, que ceux de l’enfant-roi et, au-delà des mots, s’expriment par des « passages à l’acte violents ».

Cette tyrannie de l’enfant reste pourtant paradoxalement porteuse d’espoir, elle semble chercher un objet qui résistera à sa destructivité.

La famille « enfant-roi »

Cette famille colle plus ou moins au modèle de la « nouvelle famille » mais cette conformité va parfois connaître des dérapages ou encore se retrouver en contradiction avec les « Mythes fondateurs » des familles d’origine.

Quelle constellation d’éléments paraît présente dans la famille « enfant-roi » ?

  • Les relations dans la famille ne répondent plus à la logique hiérarchique, mais bien à la règle du consentement. Dans les comportements parentaux, ceci peut se traduire tantôt par un manque de limites, tantôt par un mouvement d’oscillation d’un pôle autoritaire vers un pôle laxiste et inversement.
  • L’abrasion des rapports d’autorité disloque la fonction structurante du père, qui apparaît comme « évaporée ». On parle de « déchirure paternelle ».
  • Le désir d’enfant est alors relié à des attentes magiques à son égard. « Avant, l’enfant a souvent été un accident dont on faisait ce qu’on pouvait. Aujourd’hui, il est devenu la valeur suprême qui focalise l’attention de tous ».
  • Dans un environnement socio-économique qui se décline avec des mots comme « insécurité, compétition, exclusion » les parents vivent à un rythme de plus en plus accéléré, ne laissent plus de « temps au temps », recherchent souvent le « plaisir immédiat » incarné dans des valeurs matérielles qui supplantent les valeurs humaines.
  • Les parents sont « over-bookés », à disponibilité réduite et ceci ne permet pas la mise en œuvre des missions parentales, qui restent parfois virtuelles.
  • Le présent est surinvesti, alors que le passé est désinvesti ; le futur est rempli d’incertitudes.
  • Les séparations en tout genre fragilisent encore cet édifice instable de la « nouvelle famille ».

Faces à ces nouveaux modèles de familles, les membres de la famille « enfant-roi » ressentent à la fois fascination, adhésion, incertitude, inquiétude, la plupart du temps non verbalisées.

L’attitude de l’enfant roi apparaît comme « l’indicateur d’un excès de vitesse, un signal d’alarme révélateur d’une crise des valeurs que traversent certaines familles face aux mutations dans l’environnement.

Les parents sont le plus souvent conscients de la situation de crise et reconnaissent les difficultés de comportement de leur enfant. Ils sont ouverts à une proposition d’aide, critiquent leurs gestes et expriment une quête : « Comment remettre en questions leurs attitudes éducatives et arrêter d’être constamment culpabilisés lorsqu’ils sévissent ? Etc. »

La famille « enfant-tyran »

Contrairement à ce qui se passe avec l’enfant-roi , la « tyrannie de l’enfant » est un secret bien cadenassé qui s’arrête aux frontières étanches de la famille.

La difficulté pour les parents à dire le problème (minimisation, rationalisation, auto-accusation) est très importante et  le signalement externe à pour vertu « d’injecter la crise dans ce système fermé ».

Très vite(en consultation par exemple) , le conflit entre les parents et l’enfant sera reconnu ; la violence fait union.

Par contre, le conflit entre les parents restera difficilement perceptible et continuera le plus souvent à être nié.

Quelle constellation d’éléments paraît présente dans la famille « enfant-tyran » ?

  • L’enfant réussit, sur une longue période, à imposer ses propres règles de fonctionnement à sa famille en exerçant des actions interprétées par son ou ses parents comme autant de pressions psychologiques et/ou d’agressions physiques.
  • La définition de la relation n’est pas unilatérale, le système de représentation des parents sur ce qu’est la tyrannie est fondamentale : un enfant de 3 ans peut être vécu comme terrorisant et à l’inverse, certains parents justifient les actes de violence de leur enfant.
  • La position du pouvoir tyrannique de l’enfant s’inscrit dans une histoire transgénérationnelle. La façon dont un parent se plaint de son enfant va induire le comportement craint, et ceci le plus souvent pour satisfaire des exigences fantasmatiques ou des productions mythiques préexistantes chez lui.
  • Cette transmission laisse supposer des processus de « délégation » sous-jacents (fantômes, secrets). « Les parents explicitent au travers de l’éducation les valeurs transmises par les deux lignées familiales, révélation de la souffrance familiale, non digérée, non élaborée chez le père et chez la mère ».
  • Des mythes familiaux font véritablement écran aux réalités traumatiques vécues par les parents : « tout interdit est violence, il est interdit d’interdire, il est interdit d’obéir ». Ces mythes familiaux sont d’autant plus crédibles qu’ils sont parfaitement synchronisés avec des mythes sociaux ambiants.
  • L’enfant-tyran est celui qui a une mission de réparation de l’histoire parentale. Cet héritage est constitué par les besoins infantiles du parent, besoins qui n’ont pas été suffisamment reconnus, traités dans son enfance et dans sa vie actuelle ou encore qui ont été réveillés, réchauffés à l’occasion d’événements traumatiques actuels (blessures, fractures, traumatismes).
  • On perçoit une « inversion des générations » dans la prise de pouvoir. Il ne s’agit plus ici d’autorité mais bien « d’un abus de pouvoir » révélateur d’une « dictature inversée ».

Les mythes sociaux « vivants » dans nos environnements

  • Démocratie : droits de l’homme et de l’enfant, égalité, refus de la différence et/ou atténuation des repères intergénérationnels et sexuels.
  • Au paradigme de l’autorité fondée sur l’arbitraire de la hiérarchie succède le paradigme de la communication orienté vers la négociation, le consensuel, mythe de l’accord à tout prix. Cela se traduit par moins de hiérarchie, la transversalité du pouvoir, la valorisation du rapport à la base, du lien entre les pairs et par l’avènement « des parents copains ». Les enfants sont parentalisés tandis que les parents sont infantilisés.
  • L’hédonisme, la dictature du bonheur, le devoir d’euphorie perpétuelle tente de masquer « la fatigue d’être soi ».
  • Ces éléments vont se décliner dans les structures institutionnelles, dans le contrat familial, dans le pacte conjugal et éducatif. (Voir l’évolution du droit des familles et surtout du concept d’autorité paternel puis parental)
  • Le recul de la mort conjugués aux progrès de la contraception a provoqué l’émergence d’enfants acceptés, choisis et programmés, bref, d’enfants du désir.
  • Abrasion des valeurs d’autorité, de limite, d’interdit, de respect, de réciprocité, mais simultanément, culpabilisation à outrance de « l’agressivité naturelle » du parent à l’égard de l’enfant et intolérance vis-à-vis de toutes les déviances possibles…
  • Dans une société déshumanisée, les familles restent un creuset riche, où la sécurité affective est recherchée, l’amour dans le couple est sacralisé et dans le même temps fragilisés.
  • Les familles recomposées visent à réparer les échecs antérieurs.
  • L’individualisme exacerbé, l’épanouissement personnel mis sur le devant de la scène avec comme corollaire une banalisation de la solidarité et l’apparition de puissants mécanismes de dé/liaison sociale.
  • La liberté individuelle est couplée avec « l’autonomie à tout prix ». Chacun est « propriétaire de lui-même et abandonné à lui-même ».
  • Influence de la littérature et des dessins animés sur « l’identité de l’enfant », idéalisation de héros surpuissants qui expriment leurs pouvoirs dans une démarche très individualisée.
  • Valorisation de la pensée magique chez l’enfant qui jouit de la toute-puissance par la sorcellerie (Harry Potter).
  • En échange du laxisme, les parents attendent de l’amour, ils veulent néanmoins « autonomiser »leur enfant rapidement au nom de Mythes dominants dans la société.

Quelles sont les possibilités thérapeutiques ?

Thérapie familiale :

Souvent, le symptôme de l’enfant révèle une souffrance familiale. Le symptôme prend son sens au niveau transgénérationnel, lequel renvoie à des problématiques non élaborées, chez le ou les parents.

La violence de l’enfant-tyran, qui s’exprime à travers le symptôme, nous incite à travailler avec le système familial pour donner une autre compréhension à la problématique vécue par la famille.

Par contre, on recommande moins une thérapie familiale pour la problématique de l’enfant-roi, privilégiant une prise en charge du couple parental et éventuellement une thérapie individuelle pour l’enfant.

Un accompagnement familial (guidance familiale) :

La clinique psychiatrique de l’enfant aborde des aspects liés au développement de l’enfant et à la parentalité. La dimension éducative peut être concernée mais il ne s’agit nullement d’infantiliser les parents. Il s’agit d’opérer en coconstruction une recherche de nouveaux repères.

Un accompagnement du couple parental :

Il est spécialement indiqué dans les problèmes d’autorité parentale et de structuration familiale, caractéristiques de la problématique de l’enfant-roi. IL s’agit de proposer aux parents un lieu de réflexion sur leurs valeurs éducationnelles et de favoriser l’émergence d’attitudes en commun.

Une thérapie de couple :

Cette proposition renvoie à l’hypothèse selon laquelle le symptôme de l’enfant occulte des difficultés conjugales, qui concernent fréquemment l’intimité du couple et la non-séparation envers la génération des parents, ou encore un conflit conjugal caché. Cette indication peut se poser dans la problématique de l’enfant-roi et celle de l’enfant-tyran.

Une thérapie individuelle d’un parent :

Dans les séparations du couple parental, la notion de « dette relationnelle » envers l’enfant peut lui donner un pouvoir trop important.

Cette notion de « dette relationnelle » s’exprime à travers des sentiments de culpabilité chez les parents et s’inscrit souvent dans des relations non résolues avec leurs propres parents.

Une thérapie individuelle de l’enfant :

Proposition d’un cadre contenant pour l’enfant ainsi que d’un espace qui permet l’élaboration des processus de symbolisation, de différenciation, d’autonomisation, d’individuation (rapport à l’altérité-accès à l’ambivalence). Cet espace individuel s’avère souvent nécessaire pour aider l’enfant à quitter sa position de toute-puissance.

Des prises en charges multiples :

Une thérapie de l’enfant parallèlement à une thérapie de couple, de famille ou une thérapie individuelle d’un parent peut permettre de créer cet espace nécessaire à une différenciation et à une installation des frontières entre les générations. Les prises en charge multiples, avec des thérapeutes différents, part de l’hypothèse que dans ce type de problématique, les espaces relationnels sont trop imbriqués et la séparation des espaces thérapeutiques peut aider à une différenciation.

Conclusion

Notre société est marquée par la toute-puissance du désir, qui rend difficile la tâche parentale qui consiste à mettre des limites. Cependant, au même moment, certaines demandes des enfants, autrefois perçues comme légitimes, sont aujourd’hui repoussées. Par exemple : « Tu peux venir me chercher à l’école à 16h30 ». « Je n’aime pas la nounou qui me garde ». Je voudrais voir plus maman ».

Le discours alarmiste et dévalorisant sur l’enfant-roi renvoie plutôt à la déresponsabilité des adultes en niant les différences de statuts. Mais nous ne pouvons pas pour autant revenir à la conception ancienne de l’enfant comme un être « inférieur » soumis à la clairvoyance de ses parents ! Notre travail thérapeutique doit favoriser l’émergence de solutions propres à chaque famille et reconnaître, renforcer les ressources du système familial.

Pour l’enfant-tyran, moins répandu, la souffrance qu’il recouvre mérite toute notre attention au niveau thérapeutique.

 

 

 

Benedicte Luczak

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