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Thérapie de couple?

Tout au long de notre vie, nous avons besoin de nous sentir en lien, aimés et appartenir. La proximité physique, psychique et mentale d’un partenaire augmente ce sentiment de bien- être. Depuis tout petit, nous avons besoin de nous sentir en lien et protégés, d’abord par notre mère et par nos parents et ensuite nous recherchons ce lien auprès d’un autre. Cette sensation nous fait éprouver de la sécurité.

Le couple naît de ce besoin. L’homme et la femme se retrouvent en couple pour réguler leurs émotions, pour apaiser les circonstances stressantes de leur existence, pour donner un sens et un objectif à leur vie. Au contraire, le sentiment de solitude est mal vécu. Un besoin similaire est aussi éprouvé an niveau de nos amis et de nos collègues. L’être humain a donc besoin de se sentir « attaché », ce qui le pousse à s’organiser pour connaître des relations stables et durables. Ce besoin social primaire est éprouvé et développé durant la petite enfance et tout au long de la vie.

Cet attachement, tel que développé par Bowlby*, permet de mieux comprendre les relations de couple, notamment au niveau du besoin de contact et d’apaisement. Le calme qui en découle offre la possibilité de vivre sereinement et de développer des projets, d’être en lien avec son environnement et de pouvoir s’adapter aux changements que nous impose notre société. Chacun dans le couple devient le partenaire réciproque de l’autre.

Nous avons besoin en tant qu’enfant de « nous sentir bien avec… », de « pouvoir compter sur… » et devenant adulte «  de prendre soin de… ».

 Le couple tel que nos parents l’ont connu a visiblement bien changé. Pourtant ce lien dans lequel nous entrons à toujours existé et à toujours représenté une importance dans l’histoire des hommes. Depuis Adam et Eve, de nombreuses histoires ont été écrites pour symboliser et donner du sens à « ce couple ». Aujourd’hui, il est probablement plus correct de dire à « ces couples »  au vu du nombre de formes que celui- ci peut prendre : marié ou mixte, cohabitant ou non, familles recomposées, couple homosexuel…

Si à l’époque de nos arrières grands- parents les séparations ou les divorces étaient chose rare, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Pour preuve, l’évolution des lois suit cette tendance en facilitant les procédures de séparation et de divorce mais aussi en permettant des unions différentes que celle du mariage. Les statistiques le démontrent aussi, le taux de divorce est en nette augmentation !

Pourtant, de plus en plus de couples réfléchissent plus loin leur union que ne le faisaient nos ancêtres. Le mariage n’est plus automatique. Il y a donc une recherche de sens dans le couple et les attentes par rapport à cette union n’en sont que plus importantes, parfois idéalisées. Même dans les « unions libres » le couple est fort réfléchi, certainement autant que pour les couples mariés.

Rappelons- nous ces vibrations ressenties lors du premier baiser ou l’euphorie des premiers moments… « Il » ou « elle » était exactement ce que nous recherchions. Pour plusieurs raisons, cette étape de « lune de miel » s’est dissipée pour laisser place à une autre réalité. La cadence de nos vies, mais aussi notre environnement nous poussent à constater ce qui nous sépare aussi bien que ce qui nous unit. La richesse du couple c’est autant de pouvoir trouver des ponts communs entre nous mais aussi de constater les différences et la distance qui nous séparent. Tu n’es pas moi ! Ne m’impose pas ta façon de penser ! Si cela semble évident, ce ne l’est pas autant dans les thérapies de couple, beaucoup acceptant difficilement ces différences. Pourtant connaître sa distance ne signifie pas ne pas aimer mais respecter l’altérité de l’autre.

Le couple si bien uni aux yeux de l’extérieur peut rapidement passer d’un état de « conte de fées » à un état de  « compte dé- fait ». Comment se retrouve-t-on d’une histoire ou tout semblait si bien aller entre nous à une somme de reproches retraçant notre histoire ?

 Différences si riches… Chacun dans le couple arrive avec son sac à dos chargé par ses propres valeurs et croyances héritées de son éducation, de ses parents et familles. Le choc de cette rencontre nous force à chercher un terrain d’entente fait de compromis et de renoncement. Ce choc crée aussi une nouveauté, une singularité du nouveau couple, notre couple est unique !

 Le passage de couple conjugal à couple parental crée aussi un changement important ! Les enfants modifient considérablement les rapports entre conjoints. L’unicité du moi dans la relation, c’est terminé ! « Je vais devoir partager avec mes enfants » ! La qualité des relations conjugales va être déterminée en partie par la qualité des relations que nous entretenons avec nos propres parents et par celles que nous allons donner à nos enfants. Nous passons rapidement de couple amoureux à couple parental, la bulle que nous avions tricotée et qui nous protégeait doit maintenant abriter une personne supplémentaire. Comment ne pas se sentir exclu et garder une place ? Cette place en mutation doit se construire à deux…

 La crise que le couple traverse peut aussi se révéler riche de sens et parfois nécessaire pour se retrouver. Cette étape désagréable et déroutante est donc parfois utile si elle est bien négociée. Le recours à un tiers, par exemple à un psychothérapeute de couple, aide à sortir de cette ornière pour clarifier les difficultés, permettre à chacun de retrouver une place digne où les écueils peuvent êtres dits. Mettre des mots sur des émotions et des sentiments encore diffus mais présents au fond de nous : « je le sentais mais je n’arrivais pas à les nommer, à expliquer ce que je ressentais. »

 La communication entre les partenaires est cet outil indispensable pour évoluer ensemble. Et pourtant se parler est loin d’être simple. Les interprétations possibles de nos propos sont multiples et source de discorde. « Les hommes viennent de mars et les femmes de vénus ». Même si cette expression est un peu rapide, il est exact de constater que le sens des mots n’est pas le même chez les deux partenaires, que leurs attentes divergent et que cette distance peut être difficilement vécue. Par exemple, la plus grande sensibilité de la femme peut être vécue comme une ressource mais peut aussi être un inconvénient en interprétant la tranquillité du partenaire comme un manque d’intérêt à son égard. Ces échanges positifs et structurants aident à faire avancer les individus au sein du couple. Cette construction donne du sens à notre appartenance. Pourtant au début, nous étions proche et puis je ne sais pourquoi nous avons pris de la distance, peu à peu et insidieusement. Maintenant je me demande ce que nous partageons encore !

Une thérapie de couple est un lieu neutre où chacun peut venir déposer ses difficultés, colères, attentes et besoins. Le thérapeute aidera à « décoller » de l’ornière imaginaire dans laquelle le couple semble enlisé. Ce travail est effectué dans un cadre où le respect est un maître mot. Pas question de fautif ou de jugement par rapport à l’un ou l’autre. Ce sont les ressources de chacun, souvent oubliées, qui vont réapparaître. D’un à priori négatif de souffrance, les personnes qui viennent consulter constatent la sortie de la crise avec un ressenti positif. « Ca fait du bien d’en parler même si le sujet n’est pas simple, mais je me sens mieux maintenant, libérée ».

* John BOWLBY, psychiatre et psychanalyste anglais, connu pour ses travaux sur l’attachement, le lien parents- enfants.

Jean-Bernard Lievens

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