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Les adolescents en souffrances psychiatriques.

Les adolescents en souffrances psychiatriques.

Comment comprendre les pathologies mentales à l’adolescence ?

Il n’y a pas de pathologie mentale qui soit propre à l’adolescence. Cependant, l’adolescence est une période riche en expression de toutes sortes de troubles mentaux et conduites.

Peuvent apparaître comme plus spécifiques de cet âge les pathologies mentales parmi les plus fréquentes et les plus graves, c-à-d les troubles de l’humeur et le groupe des schizophrénies, dont les premières manifestations, plus ou moins atypiques, s’expriment souvent à cet âge.

Il en est de même d’un certain nombre de symptômes qui s’inscrivent le plus souvent dans le contexte de l’organisation d’une personnalité sur un mode névrotique, c-à-d dont le développement est plus ou moins affecté, surtout sur le mode de l’inhibition, par des conflits de désirs mais sans répercussions importantes sur l’appréhension de la réalité contrairement aux psychoses, en particulier schizophréniques. C’est le champ des phobies, des TOC et des somatisations. Par exemple, l’érythrophobie, la peur de rougir ou la dysmorphophobies, à la frontière entre phobies et obsessions.

Mais ce sont les troubles du comportement qui sont les plus caractéristiques des représentations que les parents et le grand public ont des difficultés et du mal être de l’adolescent, si ce n’est sa pathologie mentale proprement dite.

Représentations qui ne sont pas sans ambiguïté au point que ces troubles sont à la fois redoutés, comme des risques majeurs de cet âge, et en même temps volontiers considérés comme une expression normale, voire nécessaire de l’inévitable « crise d’adolescence ». A tort d’ailleurs car si l’adolescence est bien une « crise » en ce sens qu’elle implique des changements cognitifs, affectifs et relationnels qui font qu’une mutation s’est produite et qu’on ne peut plus être avant comme après, celle-ci s’effectue le plus souvent sans drame, ni même difficultés majeures. Qui plus est, l’existence de troubles du comportement proprement dits n’est ni nécessaire, ni souhaitable et correspond toujours, non pas à un état de fait pathologique stricto sensu, mais indéniablement à une situation de risque et potentiellement pathogène.

Ces troubles du comportement peuvent être du registre de l’extériorisation ou de l’intériorisation. Les premiers, parce qu’ils sont bruyants, sont les plus aisément repérés et ceux qui inquiètent le plus. Ce sont les conduites actives auto ou hétéro agressives : les suicides et les tentatives de suicides, les scarifications et auto-mutilations, les troubles des conduites alimentaires : anorexie mentale et boulimie, les comportements d’insolence et d’opposition   , les crises clastiques, les fugues, les vols, les mensonges, la mythomanie, l’échec scolaire et l’absentéisme, mes conduites d’addictions toxicomanie et alcoolisme, les conduites délictueuses : psychopathie, délinquance, prostitution.

Parmi les conduites les plus intériorisées dominées par l’inhibition et le retrait on trouve toutes les variétés d’isolement affectif et social, de retrait, de peur des contacts, de la timidité massive, mais aussi toutes formes d’inhibition des apprentissages et de rejet du corps. Ce qu’on peut appeler la passivité active.

Philippe Jeammet définit la pathologie psychiatrique comme la contrainte à adopter des attitudes ou des comportements qui ont pour effet d’amputer le sujet d’une part plus ou moins importante de ses potentialités et qui se répètent ou qu’il est obligé de répéter malgré ses effets négatifs.

C’est l’enfermement du sujet dans la répétition de conduites mentales ou comportementales qui au lieu de le nourrir dans un échange enrichissant avec l’environnement l’appauvrissent et sabotent une part plus ou moins importante de ses potentialités. Ce n’est pas un choix. Mais ce qui fait sa spécificité c’est que ces contraintes s’imposent au sujet sans qu’il ait toujours conscience de ce caractère contraignant. Il peut y adhérer, y voir une expression de sa différence, de son originalité et en faire une force et une manifestation de son identité.

Benedicte Luczak

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